Inspecteur DGFiP : note de synthèse et avis argumenté, la méthode

Le premier écrit du concours A ne s’arrête pas à la synthèse. Apprenez à distinguer restitution neutre et prise de position, puis à construire deux réponses dans les quatre heures.

Illustration : Inspecteur DGFiP : note de synthèse et avis argumenté, la méthode

Au concours d’inspecteur DGFiP, une erreur de préparation consiste à consacrer toute son énergie à la note de synthèse et à découvrir trop tard qu’une autre réponse est attendue. Le premier écrit demande deux productions distinctes. Elles utilisent le même thème, mais pas la même posture.

La synthèse restitue et organise les informations du dossier. L’autre exercice vous demande de formuler une proposition ou de défendre un avis. L’enjeu est donc double : passer des documents à une vue d’ensemble, puis de l’analyse à une position argumentée.

Le cadre du premier écrit Inspecteur A

L’épreuve dure 4 heures, coefficient 5, à partir d’un dossier de 25 pages maximum. Elle associe une note de synthèse et une réponse conduisant à une proposition ou à un avis argumenté, complété si nécessaire d’une action. Ce format est fixé par l’arrêté du 1er juillet 2024.

Le guide officiel de l’ENFiP distingue bien les deux exercices : restitution des éléments du dossier dans la synthèse ; réflexion personnelle mobilisable pour la proposition ou l’avis. Ne mélangez pas ces deux registres dans un même développement.

Un exemple pour comprendre la différence

Mini-dossier fictif JeSuisAdmis

Trois documents portent sur l’accès à un service public : le premier décrit les avantages des démarches en ligne, le deuxième présente les difficultés de certains usagers, le troisième expose une expérience d’accompagnement. Cet exemple est inventé pour expliquer la méthode ; il ne reproduit pas un sujet officiel.

Pour une synthèse sur les effets de la dématérialisation, vous pourriez organiser les informations autour de deux idées : ce que le numérique facilite, puis les obstacles qui nécessitent un accompagnement. Chaque partie ferait dialoguer plusieurs documents.

Pour un avis sur l’organisation de cet accompagnement, vous pourriez défendre un dispositif associant aide sur rendez-vous et maintien d’un accueil adapté. Vous devriez expliquer pourquoi ce choix répond au problème, quelles contraintes il rencontre et comment le mettre en œuvre si la question le demande.

Le même document sur les difficultés des usagers joue alors deux rôles : une information à restituer dans la synthèse ; un élément du raisonnement dans l’avis. Ce changement de fonction est plus important que la recherche d’une formule d’introduction parfaite.

Construire un plan qui ne suit pas le sommaire du dossier

Pour vous entraîner sur ce mini-dossier, écrivez trois colonnes au brouillon : « ce qui facilite », « ce qui freine », « ce qui permet de dépasser l’obstacle ». Placez chaque information utile dans une colonne, avec son document d’origine. Puis cherchez les relations entre les colonnes.

Un plan simplement intitulé « document 1, document 2, document 3 » oblige le lecteur à faire lui-même le travail de rapprochement. Un plan par idées rend déjà visible votre compréhension. Pour tester vos titres, masquez les développements : leur lecture doit permettre de comprendre ce que vous allez montrer.

Ne transformez pas cette grille d’exercice en plan universel. Si une commande porte sur des causes et des conséquences, la même organisation peut devenir inadaptée. Le bon plan dépend de la question et des informations disponibles, pas de celui que vous avez mémorisé la veille.

Rédiger un paragraphe utile plutôt qu’un résumé de plus

Dans notre exemple, une phrase isolée comme « Le numérique présente des avantages » reste trop vague. Une formulation plus utile serait : « Les démarches en ligne peuvent faciliter l’accès au service en réduisant certains déplacements ; cet avantage reste toutefois limité pour les usagers qui ont besoin d’un accompagnement. »

Cette phrase n’est pas un passage à recopier dans toutes les copies. Elle illustre un geste : relier une idée à sa portée et à ses limites. Dans une vraie synthèse, chaque élément de cette formulation devrait être justifié par le dossier. N’ajoutez pas une précision simplement parce qu’elle vous paraît plausible.

Pour relire un paragraphe, demandez-vous : apporte-t-il une idée distincte ? Son lien avec le sujet est-il visible ? Contient-il un fait que je ne pourrais pas retrouver dans les pièces ? Ces questions rendent la relecture plus active qu’une simple chasse aux fautes.

Donner une vraie réponse à la question argumentée

Reprenons le dispositif d’accompagnement fictif. Vous pouvez construire un brouillon en quatre lignes : le problème prioritaire ; la solution défendue ; l’objection principale ; la condition qui permet d’y répondre. La rédaction développera ensuite ces articulations.

  • Problème : certains usagers n’arrivent pas à terminer une démarche seuls.
  • Choix : proposer un accompagnement ciblé au lieu d’imposer un seul canal.
  • Objection : le dispositif mobilise du temps et des agents.
  • Condition : définir les besoins prioritaires et suivre l’usage du dispositif avant de l’étendre.

Vous avez alors une position, et pas seulement un inventaire. Si une action concrète est demandée, indiquez ce qui serait fait, par qui et avec quel suivi. Présentez les moyens à prévoir comme des conditions de mise en œuvre ; n’inventez pas des ressources déjà disponibles.

Réserver du temps aux deux productions

Le guide ENFiP propose, à titre indicatif, 2 h 45 pour la synthèse et 1 h 15 pour la seconde réponse, relecture comprise. Ce repère n’est pas une durée réglementaire par partie. Il sert à rappeler qu’on ne peut pas consacrer les quatre heures à la première production.

Lors d’un entraînement, relevez quatre horaires : fin de lecture, plan prêt, synthèse terminée, seconde réponse terminée. Ces points de passage montrent où le temps disparaît. Si votre plan est prêt assez tôt mais que la rédaction déborde, refaire uniquement des lectures de dossier ne traitera pas votre difficulté principale.

Respectez les indications du sujet sur la forme et la longueur des réponses. Pour progresser, testez votre organisation sur un sujet du format rénové avant de conclure qu’un découpage vous convient.

Trois séances courtes avant le premier devoir complet

Vous pouvez isoler les gestes au lieu de commencer immédiatement par quatre heures de travail :

  1. Séance 1 : à partir du mini-dossier fictif, produire un plan et affecter une information à chaque sous-partie.
  2. Séance 2 : rédiger deux paragraphes, puis supprimer les répétitions et les affirmations non justifiées.
  3. Séance 3 : écrire un avis court et demander à un lecteur de reformuler votre position. S’il ne la trouve pas, reprenez l’articulation des arguments.

Ces exercices originaux JeSuisAdmis ne remplacent pas les entraînements complets. Ils permettent d’identifier une difficulté précise avant de cumuler lecture, synthèse, argumentation et contrainte horaire.

Pour replacer cet écrit dans l’ensemble de votre préparation, consultez le guide du concours Inspecteur DGFiP 2027. Les QCM, l’option et l’entretien demandent aussi des séances dédiées.

Construire votre méthode, puis l’appliquer

Retrouvez le programme Inspecteur A et les contenus gratuits indiqués dans les modules.

Découvrir le parcours A

Sources et périmètre

Vérification le 2 septembre 2026 : cadre réglementaire de l’épreuve A et guide de préparation ENFiP, notamment présentation des exercices et gestion du temps. Le mini-dossier, les formulations d’exemple et les séances proposées sont des créations pédagogiques JeSuisAdmis. Ils ne sont pas des corrigés officiels.

Préparation complète

L’article vous donne les repères. La formation vous fait pratiquer.

Retrouvez 18 journées de préparation, 117 cours, 615 questions corrigées et 42 exercices pour travailler réellement les épreuves.

Voir la préparation

À lire ensuite

Poursuivez votre préparation